Les chouchous des festivals, Vidéo film intégral

« I love Sarah Jane » de Spencer Susser (Vidéo)

Aaaah le zombie…ce cher zombie… Instrument de dénonciation politique, personnification d’une Amérique en déliquescence, puis vidé de sa substance, devenu caricature de lui-même. Symbole à présent de l’exploitation consumériste du caractère moutonnier et peu aventureux du geek/fanboy/amateur de films gores (appelez-le / appelez-nous comme vous voulez), comme du manque d’idées et d’originalité d’une certaine industrie qui cherche à générer du profit plus qu’à innover. Zombies en BD, zombies en série télé, zombies nazis, zombies anglais, zombies espagnols, zombies allemands, zombies racailles, zombies lents, zombies rapides, zombies dans un avion, zombies contre robots, zombies avec des gros nichons, zombies strip-teasers, zombies-mais-en-fait-c’est-pas-des-zombies-c’est-des-infectés… On met le zombie à toutes les sauces, le fan est content de voir dix fois la même chose, et c’est le succès garanti ou presque.

Evidemment, le court-métrage n’échappe pas à la règle, et on voit beaucoup de courts zombiesques…rarement pour le meilleur. Par rapport au long, le court a pour lui d’être adapté au développement d’une seule idée. Un concept servant seulement à justifier un titre rigolo sera ainsi peut être plus digeste sur 10 minutes que sur 90. Par contre, comme pour un long, on fait souvent un court avec des zombies parce que l’on n’a pas vraiment d’idées et pas grand chose à raconter… Etant donné que le court est en plus souvent un format « carte de visite » où l’on cherche à montrer un savoir faire plus qu’à raconter quelque chose, et que la logique est souvent « j’ai envie de faire un court >> que pourrais-je bien raconter? » plutôt que « j’ai quelque chose à raconter >> je fais un court », on a accumulation de manque d’idées…

Bref, moi le zombie, ces jours-ci, il m’emmerde. Mais pour ne pas être à une contradiction près, je vous parle d’un court, « I love Sarah Jane », avec des zombies. Bravo la cohérence. Bon, à la décharge du film et à la mienne, celui-ci est plutôt réussi, et date de quelques années, à une époque où notre ami le zombie était un tout petit moins surexploité. Et puis il parle d’amour, avec un grand R à la fin, comme roucouler.

En France, c’est au festival de Clermont-Ferrand que « I love Sarah Jane » a été diffusé pour la première fois, en 2008, repartant d’ailleurs avec le prix Canal +, avant de tourner dans nombre de festivals français et internationaux, un vrai « chouchou des festivals ».

Suite au succès du court (australien), son réalisateur Spencer Susser (américain), est ensuite passé au long avec « Hesher », réunissant notamment Joseph Gordon-Levitt et Natalie Portman, mais inédit en France, malgré sa bonne réputation. On retrouve également au générique une dream team dont je vous avais déja parlé pour évoquer le court-métrage « Bear »: la boite de production australienne Blue Tongue, à savoir David Michôd (réal d’ « Animal Kingdom ») au scénario et Nash Edgerton (réal de « The square ») à la production et aux cascades. Côté cast, l’interprète de Sarah Jane, Mia Wasikowska, a fait du chemin depuis 2008, puisqu’elle a été l’Alice de Tim Burton et l’héroine du « Restless » de Gus Van Sant, et qu’on la verra bientôt dans les nouveaux films de John Hillcoat et de Park Chan-wook.

Tel Romero utilisant le zombie pour raconter la situation politique et sociale de son pays, Susser utilise ce cher mou du bulbe pour raconter l’amour. Et l’enfance. Et les amours d’enfance. Sans oublier le pouvoir de séduction d’une jeune femme en short qui coupe une tête à coups de pelle. Tout ça sur fond de monde post-apocalyptique (l’ouverture et son vélo parcourant une zone pavillonnaire dévastée nous met immédiatement dans l’ambiance), d’où les adultes ont disparu (où sont devenus de vilains mort-vivants), et non sans humour. Et l’on se dit qu’un monde post-apo tenu par les enfants plutôt que les adultes ne serait pas forcément moins sauvage et moins dangereux… Ah, ces mioches… « I love Sarah Jane », un conte initiatique sur fond de chair putréfiée.

Susser a annoncé (il y a déja un an) qu’il travaillait sur une adaptation en long métrage de « I love Sarah Jane ». Chouette, encore des zombies!

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