Festivals

Retour sur le palmarès Labo du festival de Clermont-Ferrand 2012

Du 27 Janvier au 4 Février dernier se tenait le 34ème festival du court-métrage de Clermont-Ferrand, plus important festival de courts au monde, ou pas loin. Je ne m’attarderai pas sur les compétitions nationale et internationale car je dois dire que je ne partage pas vraiment les goûts des programmateurs (ceci dit sans vouloir porter un jugement sur leur travail, une sélection est quelque chose de subjectif, ça plaît à certains, pas à d’autres, c’est la vie!). Même si l’on trouve bien évidemment de petites perles dans ces deux compétitions « classiques », on y voit aussi beaucoup de choses ennuyeuses, ou lorgnant du côté d’un certain cinéma d’auteur prout prout que je ne goûte guère, et surtout, peu d’innovation. Qui plus est, les programmateurs ne semblent pas spécialement amateurs de cinéma de genre: très peu de représentants de ce cinéma, et les quelques uns que l’on retrouve ne constituent pas spécialement le haut du panier (cf le cas « Roches Rouges », il y a quelques années: sélectionné en compétition nationale et interdit aux moins de 16 ans, le film faisait beaucoup parler dans les travées du festival; le public était même averti au début de la séance qu’ils allaient voir quelque chose de particulièrement sanglant, et la possibilité était offerte aux âmes sensibles de quitter la salle. Pourtant, s’il est loin d’être mauvais, « Roches Rouges » ne propose pas non plus quoi que ce soit d’extraordinaire. Alors pourquoi lui plutôt qu’un autre…?)

Le genre et l’innovation, c’est du côté de la compétition Labo qu’il faut les chercher. Une compète plus récente que les deux autres, puisque 2012 était sa 11ème cuvée. La logique de cette section n’est surtout pas de ghettoïser un peu plus des oeuvres singulières, mais bien de donner une place à part à des oeuvres à part, pas forcément faciles à appréhender pour le « grand public », et que la juxtaposition avec des oeuvres plus classiques pourrait desservir. Quoi qu’il en soit, le succès et la côte de cette compétition auprès des amateurs est telle qu’on est bien loin de la simple voie de garage.

Niveau programmation, qu’en est-il? Elle est en général de qualité, on trouve toujours quelque chose à se mettre sous la dent. Cette année, sur les 5 programmes proposés, on allait de l’excellent, avec une séance Labo 1 ne regroupant que des films bons, très bons ou formidables; au fort pénible avec une séance Labo 4 regroupant le meilleur de l’expérimental opaque chiantissime.

Rien à jeter donc dans le programme Labo 1, avec mention spéciale à « At the formal », vision captivante et malsaine d’un bal de fin d’année qui tourne au rituel macabre; à « God view », histoire, comme son nom l’indique, suivie du point de vue de…Dieu, qui pâtit ceci dit d’une fin qu’on voit un peu trop venir; et au très sensitif « Passing through the night ». Isamu Hirabayashi continue quant à lui à développer brillamment son univers avec « 6631143 ». Aucun prix pour les films de ce programme malheureusement, si ce n’est celui de l’humour Fernand Raynaud pour « Doomed », certes gentiment rigolo mais un peu facile (je crée des animaux bizarres et je leur fais arriver des trucs bizarres).

Dans le programme 2, on retiendra surtout « Night fishing », dont on a déja parlé ici, et le très bon « Belly », récompensé du prix Canal +.« The streets of the invisibles » vaut aussi le coup d’oeil, puisque, sur des dialogues empruntés aux « Rues de San Francisco », le film est construit exclusivement à partir d’images de Google Street View.

Le programme 3 est dominé par deux films d’animation: « Heavy Heads » et surtout « The pub », brillante photographie de la vie d’un pub londonien. On y retrouve aussi le surprenant (pour moi tout du moins) prix du public: « Wind over lake », qui est à mes yeux l’exemple caricatural d’une tentative ratée de faire du Roy Andersson en mettant en scène des personnages décalés dans des situations absurdes, mais sans rien raconter, sans émotion, sans poésie.

Dans le programme 4, « Bobby yeah » l’emporte haut la main, formidable tant par l’ambiance et l’univers qu’il crée que par son animation. Le reste… « Attach boat to motor » suit pendant 15 minutes des adolescents qui ne font rien. Avec « Moving stories », Nicolas Provost fait du Nicolas Provost: une histoire racontée en collant des dialogues de films sur des stock shots. On a droit ici à trois plans différents d’avion dans le ciel. Même si j’ai bien aimé certains de ses autres films, là, j’ai eu du mal. « Chase » possède un excellent concept, et est plutôt entrainant dans un premier temps, mais sur 13 minutes, si l’on est pas fan de performance technique, le concept s’essouffle assez vite.

C’est dans le programme 5 que l’on retrouve les principaux films récompensés. Le Grand Prix, « Il capo », montre comment, dans l’incroyable décor d’une carrière de marbre en altitude, un conducteur de travaux dirige, de simples gestes de la main, deux imposantes pelleteuses. Impressionnant et surréaliste, mais qui m’a un peu laissé sur ma faim… Dans ce même programme étaient projetés « Killing the chickens to scare the monkeys » (mention spéciale du jury), l’incroyable « Hope », récompensé au PIFFF, ou encore « Dérivation », montage expérimental et musicale de films d’horreur sud-coréens des années 2000 parvenant à créer une ambiance pour le moins tétanisante.

Au final, les meilleurs films de la compétition pour moi: « Hope », « At the formal », « Passing through the night », « Bobby yeah ». Aucun n’a eu de prix, hélas! Mais le palmarès Labo de cette édition 2012 a tout de même de la gueule!

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Articles et pages les plus consultés

Rejoignez 7 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :